The Compact Disc Preservation Society

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  • 20 Lectures
  • CromiumSupermalprodelica

La lo-fi s’éteignait à petit feu et les plus malins avaient déjà échangé leurs guitares contre des platines, exactement comme James Murphy le rappellera dix ans plus tard dans “Losing My Edge”. Parmi les plus malins, un garçon qui avait choisi un pseudonyme à même de rallier les fans de Prince et de Primal Scream : Supermalprodelica. Et bien d’autres : ses compositions sont truffées de samples savants (Cream, Tortoise, Lee Hazlewood…) et de références pointues. A l’époque où Diabologum rend hommage à “La maman et la putain” de Jean Eustache, Supermalprodelica dédie le premier morceau de son LP à Pierre Clementi, acteur fétiche de Bunel, Garrel ou Pasolini. De son LP ? Alors qu’en 1996, le format est agonisant (et qu’on voit apparaître les premiers graveurs de CD), l’album sort exclusivement en vinyle, à 300 exemplaires, sur un microlabel domicilié à St Alban Leysse (73230).

L’affaire avait tout pour ne pas en rester là : sur la foi de chroniques élogieuses (Les Inrockuptibles, Magic RPM et Technikart sont unanimes), Supermalprodelica attire l’attention d’une maison de disques qui se fait fort de déclarer tous les samples utilisés auprès des ayant-droits dans le but de ressortir le disque à une plus grand échelle. Mais le projet est sans cesse ajourné, tant et si bien que la réédition ne voit jamais le jour. Quinze ans après sa parution, Supermalprodelica demeure inédit sous la forme digitale, un comble qui ne manquera pas d’amuser l’amateur de vinyles qui en est l’auteur. La logique voudrait qu’il soit devenu un objet que s’arrache les collectionneurs. Même pas, alors qu’il constitue peut-être le chaînon manquant entre Art of Noise et les premières productions du label Warp.

Si la situation avait de quoi décourager le musicien, il semblerait qu’elle n’ait pas entamé sa créativité : il vient de poster une série de nouveaux morceaux sur son site, dont des reprises de Christophe, Aztec Camera, Mick Karn et… Mike Brant, dans un esprit pas si éloigné de celles publiées par Uwe Schmidt sous le nom de Lassige Bendthaus. Et s’inscrit pleinement dans la démarche de “fan-musicien” qui fait en grande partie l’objet du Retromania de Simon Reynolds.

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  • il y a 1 an
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